Pratiques et rites funéraires : la promession
Marie
22 janvier 2026

Les enjeux environnementaux occupent une place croissante dans le débat public et, parmi les sujets, l’impact des pratiques funéraires. Seules solutions possibles en France, l’inhumation et la crémation sont donc questionnées pour leurs effets : artificialisation des sols, consommation d’énergie, émissions liées à la combustion… L’idée d’obsèques écologiques progresse dans la réflexion de nombreuses personnes.
Comment concilier respect de la mémoire du défunt et préservation de la nature ? Existe-t-il des alternatives à la crémation ou à l’inhumation traditionnelles ? D’autres pratiques funéraires pourraient-elles être autorisées en France ?... Parmi ces pistes figure la promession : une méthode qui suscite autant d’intérêt que de questions.
Demander un devis obsèquesQu’est-ce que la promession ?
La promession (aussi nommer lyophilisation) est une pratique funéraire alternative, imaginée à la fin des années 1990 par la biologiste suédoise Susanne Wiigh-Mäsak. Son objectif était de concevoir une méthode plus respectueuse de l’environnement que les modes existantes, tout en respectant la dignité du défunt.
La méthode de la promession repose sur la congélation du corps du défunt, suivie d’un processus permettant sa transformation en particules fines. Cette « matière organique pure » est alors placée dans une urne biodégradable puis, inhumée dans le sol pour un retour à la nature.
Développée en Suède, pays pionnier en matière d’innovations écologiques, la promession a suscité l’intérêt d’autres États. Elle est aujourd’hui autorisée ou expérimentée dans certains pays, comme le Royaume-Uni, la Corée du Sud ou l’Afrique du Sud. Elle fait également l’objet de discussions dans plusieurs autres, notamment en Europe et en Amérique du Nord.
La technique de la promession : explication
La promession repose sur un procédé technique précis, intégrant le froid extrême pour faciliter la transformation du corps – sans combustion ni produits chimiques. Chaque étape est pensée pour à la fois limiter l’impact environnemental et garantir le respect du défunt. Voici comment se déroule le processus :
Congélation du corps : celui-ci est d’abord refroidi à une température de -18°C, puis immergé dans un bain d’azote liquide pour fragiliser les tissus, sans modifier leur nature biologique.
Vibration et fragmentation : une fois congelé, le corps est soumis à de légères vibrations mécaniques. Sous leur effet, il se fragmente en particules fines, comme une poudre sèche.
Séparation des particules : les particules sont passées au tamis afin d’isoler les éléments et fragments non organiques (implants, métaux dentaires, pacemakers, etc.), et éviter ainsi toute pollution du sol.
Séchage par évaporation : la matière organique est placée sous vide pour éliminer toute l’humidité résiduelle, et obtenir une sorte de poudre sèche, stable et hygiénique (lien avec la lyophilisation).
Mise en urne biodégradable : cette « poudre » est déposée dans une urne biodégradable en terre (ou en mer). Conçue à partir de matériaux naturels, cette dernière se décompose alors progressivement, sans impact sur l’environnement.
La méthode de la promession respecte la volonté de funérailles écologiques. Elle vise à transformer le corps du défunt en une matière organique pure, biodégradable et sans résidus toxiques.
Environnement, éthique : des avantages et des questionnements
La promession est souvent présentée comme une alternative écologique aux méthodes traditionnelles que sont la crémation et l’inhumation.
Parmi ses principaux avantages, figure une faible émission de gaz à effet de serre. Contrairement à la crémation, cette méthode ne nécessite pas de combustion et consomme peu d’énergie sur l’ensemble du processus. L’absence de cercueil et l’utilisation d’une urne biodégradable participent également à la réduction de l’impact environnemental. La promession permet, en outre, de limiter l’artificialisation des sols et le désengorgement des cimetières, en favorisant des espaces naturels dédiés au recueillement.
Cependant, cette pratique soulève aussi des interrogations. Sur le plan éthique, la transformation du corps par congélation peut questionner certaines sensibilités culturelles ou religieuses. D’un point de vue sanitaire, les autorités doivent s’assurer de l’innocuité totale du procédé. Enfin, le coût de la technologie, encore peu répandue, et le manque d’infrastructures adaptées constituent des freins à son développement à grande échelle.
Les Français et les funérailles écologiques
L’intérêt pour les funérailles écologiques progresse en France. Selon le baromètre CSNAF-CRÉDOC1 de mai 2024, un Français sur deux se dit prêt à choisir une urne biodégradable. Cette sensibilité environnementale s’inscrit dans une évolution plus large des mentalités, même si elle ne constitue pas encore un critère de choix prioritaire pour la majorité.
L’inhumation demeure la pratique dominante, suivie par une crémation en constante progression. Les alternatives écologiques restent encore peu connues du grand public. Pourtant, une forme de tolérance émerge : plus de la moitié des Français se déclarent ouverts à ces nouvelles pratiques, même s’ils n’envisagent pas nécessairement d’y recourir eux-mêmes.
La promession illustre ces réflexions autour d’une mort plus respectueuse de l’environnement. Cette méthode reste inaccessible en France, mais d’autres initiatives témoignent d’une volonté d’évolution des pratiques funéraires. La création de la première forêt cinéraire, les débats récents autour de l’humusation ou de l’aquamation montrent que la réflexion est engagée, tant au niveau sociétal que politique, même si ces changements restent progressifs.
La promession s’inscrit dans une réflexion plus large sur les pratiques funéraires et la place de l’écologie dans les obsèques. Bien qu’elle ne soit pas autorisée en France, celle-ci témoigne d’une volonté d’innover et de repenser notre rapport à la mort et à l’environnement.
Les discussions autour des funérailles écologiques avancent lentement, mais sûrement. Dans ce contexte, nos conseillers poursuivent leur engagement auprès des familles, en adaptant leurs services aux nouvelles attentes. Entre traditions et innovations, les pratiques funéraires évoluent progressivement, guidées par un souci croissant d’éthique, de sens et de responsabilité environnementale.
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Les questions fréquentes sur la promession
Qui est Susanne Wiigh-Mäsak, la biologiste à l'origine de la promession ?
Susanne Wiigh-Mäsak est une biologiste suédoise, pionnière dans le domaine des pratiques funéraires écologiques. Elle a développé la promession, une technique innovante de décomposition respectueuse de l'environnement. Cette méthode repose sur la congélation du corps à l'aide d'azote liquide, transformant la dépouille en particules fines par un procédé de vibration. Le résultat est une poudre sèche, exempte de résidus métalliques, qui peut être retournée à la terre sans impact négatif.
Wiigh-Mäsak a fondé l'entreprise Promessa pour promouvoir cette alternative durable aux méthodes traditionnelles comme la crémation et l'inhumation. Son approche met en avant le soin de la nature et offre aux familles un choix plus écologique pour honorer leur défunt. En développant ce système, elle a ouvert la voie à une réflexion plus profonde sur notre rapport à la mort et à l'environnement, inspirant des pays comme le Canada et l'Allemagne à envisager cette pratique novatrice.
Comment choisir entre l'inhumation et la crémation ?
La nature des obsèques est une décision personnelle. En l'absence d'un contrat obsèques ou de l'expression des volontés du défunt, il revient aux proches de choisir entre inhumation et crémation.
Votre conseiller Roc Eclerc vous accompagne en cas d'urgence décès et vous guide à chaque étape de l'organisation des obsèques (préparation de la cérémonie, hommage au défunt...). N'hésitez pas le solliciter pour un renseignement ou pour établir un devis personnalisé.
Quelle est la différence entre crémation et incinération ?
Par abus de langage, il est courant d’employer le terme « incinération » en lieu et place de « crémation ». Ces deux termes ont pourtant une signification différente.
Crémation (du latin « cremare ») désigne la technique funéraire visant à brûler et à transformer le corps d’un défunt en cendres. Une crémation se pratique au sein d’un établissement spécialisé : un crématorium.
Incinération (du latin « cinis ») désigne la technique de transformation des détritus et déchets à l’aide d’un incinérateur.
Le cercueil est-il obligatoire dans le cas d’obsèques par crémation ?
Crémation ou inhumation, le cercueil fait partie des fournitures obligatoires pour des obsèques en France. Celui-ci doit également comporter quatre poignées et une plaque d’identification du défunt. Les autres accessoires intérieurs (capiton, oreiller…) et extérieurs (emblèmes funéraires) sont eux facultatifs.
Vous pouvez retrouver les modèles de nos cercueils dans votre agence de pompes funèbres.
Quel est le délai pour organiser des obsèques ?
En France, le délai entre le décès et les obsèques (inhumation ou crémation) est fixé par le Code Général des Collectivités territoriales, article R2213-33. L’organisation des obsèques doit être comprise entre 24 heures et 14 jours au maximum (jours ouvrables).
Si le décès de la personne a lieu dans l’une des collectivités d’Outre-Mer, en Nouvelle-Calédonie ou à l’étranger, le délai de 14 jours maximum court à compter de l’entrée du corps du défunt en métropole.
À savoir, la déclaration de décès doit être réalisée auprès de la mairie du lieu du décès, dans les 24 heures suivant la constatation du décès par un médecin.
Pour toute question ou démarche, n’hésitez pas à contacter votre agence de pompes funèbres Roc Eclerc. En cas d'urgence, le service Roc Assistance Décès est joignable 7j/7 et 24h/24 au numéro de téléphone 30 24.
Quel est le prix moyen d'un enterrement ?
Le coût des obsèques dépend essentiellement des prestations et des services choisis pour l'organisation des funérailles. À noter, la localisation peut aussi avoir un impact sur le prix, par exemple, des taxes (taxe d’inhumation ou redevance de crémation, vacation de police) ou des frais de tiers.
Certains frais sont « obligatoires » comme l’achat du cercueil et, éventuellement, de l’urne funéraire, le transport en véhicule adapté (corbillard)… À cela peut s’ajouter des prestations dites « facultatives », demandées par la famille ou le défunt dans ses volontés funéraires. Aussi, le prix d’un enterrement (inhumation) ou d’une crémation va varier du fait du type de cérémonie (laïque ou religieuse), de l’acquisition d'une concession au cimetière et de l’achat d’un monument funéraire, du repos du défunt au funérarium… La gamme du cercueil et le choix des capitons, les fleurs de deuil, l’impression de faire-part de décès sont aussi des frais d’obsèques à prendre en compte.
Nos conseillers funéraires vous renseignent sur les différents services et prestations. Ils établissent, sur simple demande, un devis obsèques clair et détaillé.

