Le deuil périnatal
Marie
3 avril 2025

Sommaire
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Un deuil périnatal est une épreuve dans la vie d’un parent et de leur entourage. Cela nécessite du temps pour être surmontée. De nombreuses associations et professionnels – psychologues, sages-femmes, médecins spécialisés – se mobilisent pour offrir un espace d’écoute et de soutien aux familles.
Qu’il s’agisse d’une fausse couche, d’une interruption médicale de grossesse ou d’un décès dans les jours suivant la naissance, le vécu du deuil des parents nécessite une prise en charge adaptée et individualisée. Cet article propose un éclairage sur le sujet et des conseils pour aider un parent en deuil.
Une journée pour briser le silence autour du deuil périnatal
Chaque 15 octobre se tient la journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal. Cette date a pour vocation de mettre fin au silence qui entoure la perte d’un bébé. Des événements et des rencontres sont organisés par diverses associations – telles qu’Agapa ou SPAMA – afin de créer un espace d’expression pour les parents endeuillés. Ces derniers y trouvent soutien, écoute et ressources, et le grand public est invité à mieux comprendre la profondeur de cette épreuve. En favorisant le dialogue et la reconnaissance de la douleur, cette initiative contribue à atténuer l’isolement des parents et à promouvoir un soutien en cas de deuil périnatal.
Qu’est-ce que le deuil périnatal ?
Fausse couche, interruption médicale de grossesse, mort fœtale in utero ou décès néonatal… le deuil périnatal survient à la perte d’un enfant. Au-delà des aspects médicaux, le processus de deuil engendre souvent une grande souffrance pour les parents et l’ensemble de la famille. La douleur peut être exacerbée par un sentiment de culpabilité, de frustration et d’incompréhension. L’usage d’expressions comme « deuil fausse couche » ou « décès d’un bébé » témoigne de la diversité des situations rencontrées.
Dans de nombreux cas, le deuil périnatal reste encore entouré de tabous, compliquant la reconnaissance de la perte et l’accès aux aides adaptées. C’est pourquoi il est important de sensibiliser le public sur ce sujet et de développer un soutien pour que chaque parent puisse trouver les ressources nécessaires pour avancer.
La souffrance des parents et de la famille après la perte d’un enfant
Un deuil périnatal est une épreuve aux multiples répercussions, tant sur le plan émotionnel que psychologique. Les émotions varient selon les individus : chacun vit le décès d'un enfant différemment. Certaines réactions se retrouvent fréquemment chez les parents et les proches en deuil.
Des réactions observées chez des parents en deuil
Les réactions d’un père ou d’une mère peuvent être différentes. Pour la mère, la disparition de l’enfant est souvent exacerbée par le lien intime et physique développé durant la grossesse. Le choc initial s'accompagne souvent de vagues de tristesse et de pleurs spontanés, un sentiment de vide. Un questionnement douloureux, parfois accompagné de culpabilité, s’installe alors, même si aucune responsabilité ne lui est imputable.
Le père vit sensiblement les mêmes émotions. La colère, le sentiment d’impuissance et la tentation de se renfermer pour ne pas alourdir la souffrance de l’autre peuvent alors se faire sentir. Malgré ces comportements parfois discrets, le terme « parent en deuil » traduit l’intensité d’un vécu qui, bien que différent d’une personne à l’autre, requiert une écoute et une reconnaissance pleine et entière de la douleur éprouvée.
Des réactions observées chez des proches en deuil
La perte d’un enfant impacte également les proches – frère et sœur, grands-parents -, qui éprouvent une empathie sincère. Bien sûr, chacun n'a pas la même réaction et ne ressent pas les émotions avec la même intensité. Mais leur soutien se traduit par des gestes bien intentionnés (préparer un repas, offrir une oreille attentive, etc.), des paroles bienveillantes, même si des maladresses peuvent arriver. L'acceptation que chacun réagit différemment est essentielle pour apporter le soutien nécessaire aux parents.
Comment faire le deuil de son enfant ?
Faire face au décès d’un bébé est un cheminement personnel. Le retour à la maison et la reprise de la vie quotidienne sont des moments délicats pour les parents. Chacun, mère et père, doit pouvoir avancer à son rythme.
Les étapes classiques du processus de deuil
Bien que le parcours soit différent pour chacun, plusieurs étapes peuvent être identifiées. Celles-ci peuvent survenir dans un ordre différent, être vécues plus ou moins intensément. Il est fréquent de revenir sur certaines, preuve que le processus de deuil est évolutif et unique à chaque individu.
Le choc et le déni
Il peut être difficile d’accepter, dans l'immédiat, la réalité des faits. Mécanisme de protection, l’esprit « se fige » alors comme pour gérer progressivement l'événement et les émotions liées.
La colère
Lorsque la réalité s’impose, la colère émerge. Ce sentiment – dirigé contre soi-même, le corps médical ou les circonstances –, témoignent de l’impuissance ressentie face au décès de son bébé.
Les regrets et le « et si… »
Une phase de remords et de questionnements : les parents se posent mille questions, se remettant en cause et se demandant ce qui aurait pu être différent. Ces interrogations, bien que douloureuses, font partie intégrante du processus de deuil périnatal.
La tristesse profonde
La douleur liée à la perte d’un enfant se manifeste généralement par une intense tristesse, voire une dépression. De la fatigue, un sentiment de vide et une grande solitude peuvent se manifester également.
L’acceptation
Peu à peu, la personne parvient à intégrer la perte et à accepter la réalité. L’acceptation ne signifie pas l’oubli, mais plutôt la capacité à envisager un avenir.
Les gestes et rituels pour honorer l’enfant
De nombreux parents choisissent d'avoir un geste ou d’instaurer un rituel afin de conserver le souvenir de leur enfant. Ces attentions, propres à chacun, sont un moyen de transformer le chagrin en hommage, de lier un lien symbolique.
Voici quelques exemples :
La création d’un lieu de mémoire dans un coin de la maison, en conservant une photo, un jouet ou un vêtement.
La plantation d’un arbre ou d'une plante pour disposer d'un repère tangible et symboliser la vie qui continue.
Le tatouage ou le bijou commémoratif (pendentif, bracelet gravé…) permettent de garder l’enfant toujours près de soi.
L’écriture d’une lettre ou d’un poème, pour mettre des mots sur ses émotions et adresser un message personnel à cet enfant.
La constitution d’une boîte souvenirs pour y rassembler des objets le rappelant (photos, empreintes de mains ou de pieds, échographies…).
Mieux accompagner les couples confrontés à une fausse couche
La loi du 7 juillet 2023 reconnaît l’impact émotionnel et psychologique d’une fausse couche pour un couple. Désormais, les structures de santé doivent proposer un soutien psychologique aux femmes ayant vécu cette épreuve, ainsi qu’à leur partenaire. Également, une fausse couche ouvre droit à des indemnités journalières de l’Assurance maladie, sans délai de carence, pour les salariées, artisanes, professions libérales ou encore commerçantes. Ces mesures témoignent d’une volonté d’améliorer l’accompagnement des couples et de mieux prendre en compte la réalité du deuil périnatal.
L’accompagnement des parents en deuil
Certains parents préfèrent vivre leur deuil en toute intimité. D'autres peuvent avoir besoin d'être entourés et accompagnés. La famille est un premier soutien important ; des professionnels (psychologue, groupe de parole) peuvent aussi apporter une écoute et une aide. L'essentiel en ces moments est de permettre aux parents de faire face à leur deuil à leur rythme, sans les brusquer ou s'imposer.
Le rôle des proches dans le processus de deuil
Les proches constituent un premier maillon essentiel au soutien des parents en deuil. Une écoute bienveillante, une aide dans les gestes simples du quotidien (préparer un repas, faire des courses…) contribue à les épauler. Il est important, dans ces moments, d'être vigilant à leur besoin et de ne pas se montrer intrusif. L'idée est avant tout de les aider à se reconstruire, à ce qu'ils ne se sentent pas isolés dans leur chagrin.
Voici quelques attentions pour apporter un soutien au deuil périnatal :
Écouter sans juger : il faut laisser les parents exprimer leur chagrin et leurs sentiments, même si c’est douloureux. Ne cherchez pas à rationaliser ni à minimiser la perte.
Respecter le rythme des parents : chacun vit le deuil différemment. Certaines personnes ont besoin de parler, d’autres préfèrent éviter le sujet.
Proposer une aide concrète : préparer des repas, s’occuper des autres enfants, faire un brin de ménage… une aide même simple permet de soulager leur quotidien.
Faire preuve de patience et de compassion : restez disponible et présent sur le long terme, et pas uniquement les premiers jours.
Le soutien de professionnels et les ressources tierces
Parallèlement à l’aide apportée par l’entourage, le recours à des professionnels peut s’avérer nécessaire pour aider les parents en deuil. Un espace d'écoute, extérieur au cercle familial, facilite parfois la libération de la parole et la gestion des émotions. Un psychologue ou un thérapeute spécialisé saura décrypter et accompagner la personne dans les différentes étapes du deuil, mettre en place les ressources adaptées pour y faire face. Des associations - Empreintes, Naître et Vivre… - proposent aussi un espace de partage. Des personnes traversant la même situation peuvent ici se confier et parler de leur expérience. Ces groupes de parole sont, pour certaines, une clé pour avancer et faire face au deuil ; elles se soutiennent mutuellement dans l'épreuve.
Un deuil périnatal bouleverse la vie des parents. Être accompagné en ces moments est important. L'écoute et les gestes de soutien des proches, voire de professionnels, contribuent à apaiser le chagrin et à retrouver la force d’envisager l’avenir. Famille, thérapeute ou association spécialisée, il ne faut pas hésiter à demander l'aide nécessaire.
Vous accompagner dans l’organisation des obsèques
Nos conseillers Roc Eclerc répondent présents afin d'accompagner les parents dans l'organisation des obsèques. Ils veillent à les soulager, autant que faire se peut, des aspects administratifs et logistiques. Professionnels et bienveillants, ils sont là pour préparer une cérémonie d'hommage respectueuse des volontés de la famille.
Autres guides
Questions fréquentes sur le processus de deuil
Comment réconforter une personne en deuil ?
Réconforter une personne en deuil demande empathie et patience. Il est important de reconnaître le chagrin que chaque personne traverse. Être présent peut être une aide et un soutien plus efficace que des mots. Écouter (sans jugement) permet à la personne d'exprimer ses émotions, qu'il s'agisse de colère, de tristesse ou de culpabilité. Proposer un soutien concret, comme préparer un repas ou aider dans les tâches quotidiennes, montre également une attention sincère.
Des thérapeutes et des groupes de soutien spécialisés proposent des ressources pour accompagner ce processus délicat. Que l'aide vienne de la famille ou de personnes extérieures, il est essentiel d'adapter son approche au rythme et aux besoins de chacun, en gardant à l'esprit que le chemin vers l'acceptation diffère d'une personne à l'autre.
Que dire à une personne en deuil ?
Il est essentiel de faire preuve de compassion, d'empathie et de sensibilité en s’adressant à une personne en deuil. Voici quelques exemples de mots de condoléances et conseils pour soutenir un proche en de telles circonstances :
Expression des condoléances :
« Mes sincères condoléances. »
« Je suis profondément désolé(e) d'apprendre la perte de [Nom du défunt]. »
« Mes pensées sont avec toi et ta famille en cette période difficile. »…
Message de réconfort :
« Si tu as besoin de parler, je suis là pour toi. »
« Sache que je suis là, si tu as besoin d'aide pour quoi que ce soit. »…
Il n’existe pas de formule magique pour consoler une personne endeuillée. L'important est de lui offrir une oreille attentive et un soutien sincère. Être simplement là, sans s’imposer ou brusquer, peut faire toute la différence.
Quelles sont les erreurs à éviter avec une personne en deuil ?
Pour soutenir une personne en deuil, il est important d'éviter certaines erreurs et maladresses. En ces moments, la moindre chose contrariante peut prendre des proportions. Voici quelques conseils pour vous aider dans votre démarche :
Ne minimisez jamais la peine ressentie. Chaque chagrin est unique et mérite d'être respecté dans toute son intensité.
Évitez les phrases toutes faites comme « le temps guérit tout ». Ces formulations de condoléances peuvent sembler dénuées de sens pour quelqu'un faisant face à la perte d'un proche.
Ne forcez pas non plus la personne à parler ou à exprimer ses émotions si elle n'en ressent pas le besoin immédiat. Le silence peut être un allié précieux, offrant un espace de réconfort et de réflexion.
Ne négligez pas l'importance d'une présence bienveillante et continue. Un simple geste et une écoute attentive peuvent faire toute la différence dans cette période délicate de reconstruction et d'acceptation.
Il est important de se montrer à la fois empathique, patient et attentif aux besoins de l’endeuillé pour aider une personne en deuil. Prenez avant tout en compte ses besoins (soutien, temps...). Chacun appréhende la perte d'un proche à son rythme.
Comment surmonter un deuil ?
Le deuil est un processus personnel et unique. Chaque personne le vit à sa manière, en fonction de sa relation avec le défunt et de ses propres ressources émotionnelles. Il n'y a donc pas de bonne ou de mauvaise façon de faire face à la perte d’un proche.
Quelques conseils en ces circonstances : laissez-vous ressentir les émotions (tristesse, colère, chagrin…) et prenez soin de vous. N'hésitez pas à solliciter le réconfort et l'assistance de votre entourage, de vos amis ou d’un professionnel (psychologue) si nécessaire. Vous pouvez également chercher des manières significatives de rendre hommage au défunt et de garder sa mémoire vivante.
Votre conseiller Roc Eclerc vous assiste dans l’organisation des obsèques, mais aussi dans la commémoration de la vie de votre défunt. Il se tient à votre écoute : il peut vous aider dans les gestes d'hommage.
À qui s'adresser pour faire face à un deuil ?
Une aide et un soutien extérieur au cercle familial peut parfois être utile à la personne. Certaines peuvent, en effet, ressentir le besoin (ou l’envie) d’échanger avec d’autres personnes confrontées à cette même situation. Il faut savoir qu’il existe des groupes de parole et des ateliers pour les personnes endeuillées. Également, des professionnels – psychologues, thérapeutes et accompagnants spécialisés – peuvent offrir un espace de dialogue et être le soutien nécessaire au travail de deuil.
Les conseillers Roc Eclerc sont là pour vous, pour vous soutenir dans les moments délicats (assistance décès), même après les obsèques. N'hésitez pas à vous rapprocher de votre agence de pompes funèbres.